Les lectures de deux dimanches précédents étaient essentiellement consacrées à l’annonce de la Passion et de la résurrection du Christ. Une piqûre de rappel six mois environ après la semaine sainte et Pâques. Cette fois-ci l’accent est mis sur la justice et une de ses particularités qu’est la justesse.
La justice c’est dans la seconde lecture où il est question de la justice sociale. Elle fait communément défaut dans toutes les civilisations. Il n’en doit pas être ainsi dans la vision religieuse chrétienne.
L’autorité suprême de Dieu est le garant de la justice. Mais lorsque cette autorité suprême est bannie, ou mise sous le boisseau, chacun fait ce qu’il lui plait. Même les régulations contraignantes ne suffisent pas pour enrayer le phénomène.
Dans les deux autres lectures, c’est surtout la justesse qui est visée. La justesse c’est bien plus que pratiquer la justice. C’est parler et faire de façon appropriée. Deux exemples sont donnés dans ces lectures.
Celui de justesse dans le propos de Moïse qui ne tombe pas dans le piège, qu’en toute innocence, on lui tend au sujet de deux qui prophétisent en dehors du camp. Il parle avec justesse lorsqu’il constate que Dieu peut parler et agir partout. Non seulement dans un lieu donné, pas seulement dans le camp, comme cela était communément reconnu, mais aussi dehors.
Donc pas seulement dans cette chapelle, mais partout dans notre vie.
La justesse des propos de Jésus est de la même veine. Jésus établit une différence entre ceux qui font du bien (rendant la justice) du dedans de son corps qu’est l’Eglise. Et ceux qui font autant en se considérant du dehors de ce corps visible qu’est l’Eglise. La justesse des propos de Jésus est dans ceci: il y a différentes manières de se faire reconnaître de Lui.
L’Eglise, dans sa vision théologique, méconnaît souvent la richesse d’une telle distinction. Qui de fait est une reconnaissance de la même valeur dans les deux cas.
Reconnaître une telle distinction sans séparation, c’est permettre d’aborder sereinement une telle différence. C’est éviter toute crispation et frustration. Regarder combien on est à la messe ce soir, en comparaison avec le nombre de catholiques français baptisés vivant à Hong Kong, c’est vraiment peu! Mais alors?
Mais la seconde partie de l’Evangile, est tout sauf un langage mesuré. Celui qui est un scandale, l’occasion d’une chute… il vaut mieux que…
Les dernières révélations sur l’Abbé Pierre en sont une illustration dramatique. Dans des cas similaires, dénoncer et s’occuper des victimes, sans oublier de s’occuper des fauteurs, n’a rien de consensuel.
Pour terminer, la justice et la justesse semblent marcher séparément. Mais si Jésus joue sur la distinction entre les deux, c’est pour nous faire comprendre le besoin de prendre au sérieux l’avertissement (il vaut mieux que…) pour que partout la justice de Dieu raisonne de façon juste, avec justesse.
“Car la loi du Seigneur est parfaite qui redonne vie” (psaume) AMEN
