Dans le monde qui est le nôtre, les situations des chrétiens ressemblent à celles de l’époque de Jésus et d’avant lui. On n’est plus dans une religion de masse. En Occident et surtout en Europe, dont pour la plupart nous sommes issus, la présence chrétienne se raréfie.
En témoigne la diminution du nombre de baptêmes, d’enfants au catéchisme, de mariage, d’ordination, d’engagement dans la vie religieuse… A quoi il faut aussi ajouter le nombre croissant d’apostasie officiellement revendiquées.
Ce tableau plutôt noire n’est pas le privilège de notre époque. Par vagues successives les crises profondes secouent les communautés des croyants. C’est bien attesté dans la Bible.
Au point d’en faire une notion théologique pour identifier un petit reste de croyants appelé petit reste d’Israël.
Le peuple de la promesse a toujours été soumis aux forces contradictoires entre celles qui permettent de garder la fidélité à Dieu et à sa loi et celles qui poussent à s’en éloigner.
Parmi ses forces qui font éloigner de Dieu se trouvent les rivalités qui entraînent les divisions et d’autres scandales.
“Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël” Au moins ce qui en reste. Comme si Dieu, sans avoir un autre choix, s’était limité à travailler les cœurs de quelques-uns qui restent fidèles à Lui, ceux qui donnent le plus d’espoir pour se laisser faire.
Où en sommes-nous? Pouvons-nous compter parmi ce reste? L’autre soir j’ai participé à une réunion. Nous étions la moitié du nombre total du groupe qui se réunit tous les mois. Les autres sont empêchés pour des raisons professionnelles ou familiales. Rien qu’à ce cinq présents physiquement, chacun était une parcelle de la présence de Dieu qui agit dans la vie, un chinois, un espagnol, un américain, une française et moi-même.
Si nous voulons compter parmi ce reste d’Israël, il nous faut aller à la recherche d’un groupe qui le signifie. Sans pour autant nous enfermer dans notre propre point de vue sur ce qu’est la foi chrétienne et le rapport au monde que nous en déduirons.
Sans nous enfermer dans un groupe de personnes qui pensent pareil, au lieu de chercher ensemble comment la foi nous rend capable d’avancer au large. Ensemble avec ceux que nous croisons.
L’aveugle de Jéricho saisit l’occasion, son désir crevait les yeux et les oreilles. Où en est-il le nôtre? Avons-nous vraiment le désir de voir la vérité de notre vie à la lumière de Dieu et de sa loi? L’ignorance ou l‘égarement (II lecture) peuvent être dépassées. Il suffit de crier avec la rage de la foi: “Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël”.
Ce reste est une cellule souche de la vie chrétienne, cellule présente dans chaque communauté. Cette cellule est composée de gens connus et inconnus, elle est visible et invisible. Mais elle est composée de gens qui agissent et prient. Dans la mesure ou quelques-uns prient et veulent du bien aux autres par amour pour Dieu, ils participent à l’avènement du règne de Dieu. Amen
