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Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

Homélie du 26 novembre 2022

I Avent Vigilance confiante, pourquoi faire?

En début de l’Avent, pour préparer l’accueil de Jésus dans la joie, nous sommes invités à la vigilance. Une vigilance qui nous rend plus sensible à l’essentiel. Où est-il? Ce n’est pas seulement à chacun de le savoir. C’est aussi en communauté de nous aider mutuellement à bien l’apercevoir et éventuellement la réactiver.

Le Littré parle de la vigilance d’un père, d’un général. Pour être vigilant, il faut avoir le sens d’anticipation. Savoir où on veut aller et aussi d’où peut venir le danger. Tout parent le sait en apprenant à l’enfant à traverser la rue ou à faire du vélo. De Gaulle dont je suis en train de lire la biographie avait un sens d’anticipation hors du commun. La lutte contre la pandémie comme celle du Covid 19 en fait partie.

La vigilance doit être pleine de confiance, que l’enfant apprenne ceci ou cela, que les collaborateurs soient ou pourront être capables de ceci ou de cela, que la société toute entière soit capable de se mobiliser pour ceci… Une telle vigilance confiante suppose une bonne distance à l’égard de ceux qui sont l’objet d’une telle vigilance. Sinon, c’est l’étouffement et l’asphyxie. On ne fait pas à la place des autres, on apprend à le faire par eux-mêmes. Le principe de tout accompagnement est là.

Dans notre vie de foi c’est pareil. Dieu est vigilant à notre égard, mais sans nous étouffer. Il nous donne parfois quelques coups de pouce pour nous rendre attentifs à certains aspects de notre vie ou tout un ensemble de notre existence.

Le début de l’Avent est une excellente occasion pour nous y arrêter. De quoi est remplie notre attention, notre vigilance. Est-elle confiante, comme on peut le supposer pour Dieu à notre égard? De quel type de sommeil avons nous besoin de nous réveiller, individuellement, en couple, en famille, dans le travail, dans la société et évidemment en communauté chrétienne. Certes, on fait ce que l’on peut.

Certains sont vigilants par nature, d’autres doivent apprendre à l’être. Négligence, relâchement, étiolement résument le manque d’attention à ce qui est essentiel. Pour nous les chrétiens ou qui essayons de l’être, ce relâchement se traduit en premier lieu par une prise de distance avec la prière personnelle et communautaire.

Si surtout nous cherchons la vraie fraternité, et souvent nous ne sommes pas si mal, même si… Mais cette fraternité pour être chrétienne a besoin d’être enracinée dans la prière, la vraie. Nous aurons toute une année pour nous laisser accompagner par ce thème de prière et en tirer des bénéfices personnels, familiaux, communautaires.

Peu importe la profondeur de sommeil, le réveil est toujours possible. Laissons nous porter par la belle liturgie de l’Avent et tout ce qu’il y a autour pour gagner ou regagner en vigilance constante à l’égard de ce qui nous paraît important dans notre vie à cause de la foi hier. Si c’est important pour nous, nous trouverons le temps nécessaire. Amen