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Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

Homélie du 25 octobre 2020

Deux en une.

L’amour de Dieu et de son prochain est au centre de la liturgie de la Parole d’aujourd’hui. Jésus est mis à l’épreuve par ses opposants. Les pharisiens tendent des pièges pour le coincer, sur le miracle, le mariage, l’impôt. Aujourd’hui sur la loi. Chaque fois il en fait une occasion de catéchèse.

Ce qui est paradoxal c’est que les pharisiens appellent Jésus maître, alors qu’ils ne veulent pas devenir ses disciples. Eux qui en plus ne respectent pas la loi eux-mêmes (Mt 23,1-2). Et pourtant, ils ont l’audace de demander à Jésus quel est le plus grand commandant.

Jésus en a choisi deux parmi les 613 lois que contient la Torah, celles qui commencent par le mot amour. Il indique ainsi ce qui (qu’est-ce qui) est le plus important dans la vie. Et en même temps il montre à quoi ressemblent les pharisiens: “si je n’ai pas d’amour je ne suis rien” (1Co 13,1-3)

Derrière les pharisiens peut se cacher chacun de nous. Deux dangers guettent tous les docteurs de la loi, pas seulement celle de Dieu mais aussi de nos lois de la vie sociale, économique etc. Il s’agit de toutes les règles, les normes, et dans le monde scientifique actuel et avec les règles d’obéissance à la pensée dominante, unique, l’on sent que la pression est grande.

Le premier danger est celui d’identifier l’amour de Dieu avec l’amour de la Loi. Cela nous guette tous que de vouloir transformer la religion en machine de prescriptions à suivre, édictées, identifiées ou pas, mais bien réelles. C’est à l’image des règles imposées pour des raisons sanitaires. Celui qui se consacre à l’étude de la Loi de Dieu, et de toute loi même humaine est sur une bonne voie, mais il peut oublier l’auteur qui est Dieu lui-même.

L’autre danger est celui de mépriser les autres, ces incultes, bons à rien qui ne comprennent jamais rien….

Les pharisiens tombent dans ces deux pièges à la fois. Ils cumulent les mandats d’arrêt contre eux par la justice divine. Mais en attendant, finalement c’est Jésus qui sera arrêté.

Moïse est descendu du Sinaï avec les deux tables de la loi, dans une main avec les lois relatives à Dieu et dans l’autre avec les lois relatives au prochain. Si quelqu’un transgresse une de ces lois, il les transgresse toutes (Jc2,10) Entre la progression dans le respect de ces lois et la volonté de s’installer dans une acceptation partielle, il y a une grande différence.

Jésus est le véritable homme de la synthèse, il l’a prouvé par sa vie et sa mort. Il a vécu en lui cette unité inséparable entre l’amour pour le Père et pour l’humanité. Un chemin à suivre pour celui qui écoute sa parole pour la mettre en pratique.

Amen