Aller au contenu
Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

Homélie du 25 août 2024 – Vers qui irions nous ?

L’Evangile d’aujourd’hui est une leçon de choses. Sur le plan pédagogique, tout semble bien clair. Tout y semble bien définitif. Roma locuta… La non foi des uns suscite la déclaration de foi des autres.

Jésus savait qui ne croyait pas, et qui même le livrerait. Pierre (au nom des autres disciples) fait savoir à Jésus qu’il lui fait confiance, qu’il croit en lui. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Certes, Juda est déjà désigné à mi-mot, et ceux qui s’y réfèrent aussi.

Est-ce que parmi ceux-là ne se trouve pas aussi Pierre? Perceptiblement, de façon bien voilée. Pierre est aussi parmi ceux-là, ceux qui sont associés à Juda. Mais c’est de l’ordre du possible. La suite de l’Evangile nous informe sur cette possibilité. Pierre reniera Jesus par trois fois, puis, à la différence de Juda, il pleurera amèrement.

De façon voilée, à peine perceptible, l’Evangile d’aujourd’hui contient l’histoire de deux champions qui sont opposés l’un à l’autre. Juda et Pierre.

Notre vie est pleine de telles situations contrastées, dont certaines ressemblent davantage à celle de Juda et d’autres à celle de Pierre. On ne sait pas si Juda pleurait amèrement, fou de rage contre lui-même, mais de telles larmes supposées ne lui ont pas permis de laver son regard pour se voir tel qu’il était réellement. Il est resté dans l’image de lui-même qu’il aurait voulu avoir, celle de la réussite au détriment des autres.

Or Pierre qui pleure amèrement est déjà détaché de son image idéalisée de lui-même. Il ne lui reste plus que rendre les armes, et ainsi désarmé, entrer dans l’amitié avec Jésus. En sa présence, Jésus devient juste le témoin de sa propre vérité.

Quels sont les révélateurs de la vérité de nos vies? Sont-ils tous des références à Jésus? Directement, peut-être pas toujours, indirectement? Chacun appréciera.

L’Evangile indique le chemin, mais ne fournit pas toutes les infos sur la topographie de la vie réussie. L’Evangile doit donc être complété par les informations que nous fournissent les sciences modernes. Et ce dans la mesure où notre compréhension n’est pas en contradiction avec la direction donnée par l’Évangile.

Aimes et fais ce que tu veux, c’est bien plus que jouir de la liberté, sous prétexte d’aimer les autres comme soi-même; c’est aimer comme Dieu aime. Jésus en est le témoin privilégié. Il est aussi la référence pour l’amour dans le couple ou la fameuse expression de soumission n’est en fait que la confiance, car libérée de toute domination. Pourquoi alors garde-t-on toujours ce mot de soumission au lieu de mettre la confiance? A l’avenir de répondre. Amen