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Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

Homélie du 24 janvier 2021

Mission impossible?

Les trois lectures d’aujourd’hui se réfèrent au temps. Dans la bible on distingue entre deux notions du temps. Le chronos se réfère au temps métrique, le temps qui passe, que l’on constate en regardant la montre. Le kaïros est un temps que l’on saisit pour en faire quelque chose d’opportun. Le message des lectures d’aujourd’hui au sujet du temps est celui de l’appel urgent à la conversion. Encore et encore! En y répondant, nous sommes dans le kaïros.

Les secondes, minutes, heures, jours, semaines, mois, années passent sans nous rendre compte que nous sommes petit à petit rattrapés par la vieillesse. Nous découvrons alors avec stupéfaction que le temps de notre vie est bien limité. Le temps du kaïros, ce temps où l’on saisit l’opportunité d’être dans le bonheur en Dieu commence sérieusement à manquer.

La Bible nous fait découvrir comment la chronologie de notre vie est contrariée, voire brisée par le kaïros. Voici que Dieu vient dans nos vies. C’est la fonction du dimanche, le jour du Seigneur, le temps de Kairos.

Jonas nous présente le choix entre le salut et la destruction. Les habitants de Ninive n’ont pas attendu 40 jours pour savoir comment cela se passerait. Ils se sont convertis en commençant par le plus grand jusqu’au plus petit. Réagir est nécessaire comme dans cette période de pandémie qui dure. On ne va tout de même pas attendre pour voir ce qui se passera sans rien faire. Deux types d’actions sont à envisager, celles qui sont à caractère sanitaire (les gestes barrières et les vaccinations), et celles qui sont le résultat de la perception des signes du changement nécessaire. Le chrétien, ne peut pas se contenter d’un décompte macabre, il y voit une opportunité de kairos, temps de salut pour lui-même et pour le monde.

Saint Paul nous met au défi de regarder au-delà des réalités terrestres, vers le ciel. C’est si difficile quand on est par ailleurs si légitimement préoccupé par le travail et la vie familiale qui occasionnent des stress énormes. Comment se libérer de ce qui alourdit la marche des pèlerins que nous sommes sur terre vers le ciel? Les joies et peines de notre vie sont aussi passagères. Aucune souffrance n’est comparable avec la gloire du ciel (Ap 21, 1-7). Aucune joie terrestre ne vaut la joie du ciel. Nos joies terrestres sont de pâles copies. Mais quand on ne connaît que des copies, on ne peut même pas s’imaginer que l’original existe.

Marc nous demande une décision immédiate: celle de suivre le Christ. Comme c’est facile de ne pas entendre de telles demandes. Et pour justifier le retard tout y passe. La patience de Dieu est plus grande que notre retard à l’allumage. Le temps passe. Il nous est donné comme un Avent de la venue du royaume de Dieu. Mais cela requiert une décision immédiate et sage décision.

Amen