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Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

Homélie du 22 octobre 2023 Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu

Jésus est accusé d’être un danger pour la stabilité politique.

Mais en quoi cette histoire nous est-elle utile? Savoir que Jésus était plus malin que ces détracteurs, on le savait déjà. Savoir que les pharisiens et le parti d’Hérode étaient inquiets pour leur bonne relation avec Rome, c’est ainsi pour tous les gouvernants et leurs alliés.

Comme Jésus, souvent les chrétiens sont épiés par leurs détracteurs pour les faire piéger: “si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous”. Et entre les chrétiens nous sommes divisés pour savoir quelle attitude adopter. Être collaborateur d’un gouvernement qui est contre les valeurs chrétiennes (sans parler de toutes les zones grises entre la foi et l’idéologie), est-ce encore de l’honnêteté ou déjà du pharisaïsme?

Jésus, non seulement déjoue le piège, il va bien plus loin.

Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

Est-ce une pirouette, une dérobade, une réponse à la jésuite, une manière pharisienne de répondre aux pharisiens? Il montre une nouvelle voie.

Changer d’avis coûte en temps et en énergie, cela oblige à situer mon point de vue dans une vérité plus grande qui m’échappe pour le moment. Changer d’avis, coûte surtout en conversion intérieure, non pas en concédant que l’autre a raison, c’est qui est secondaire, mais en assumant que l’on peut grandir en acceptant ce type de challenge.

Rendez à César ce qui est à César…

Jésus profite de l’occasion pour clarifier un point important. Certes, Dieu est au-dessus de tout, il n’est à confondre avec aucun gouvernement, païen ou pas. La création issue de Dieu dispose de ses propres lois que Dieu, qui en est l’auteur, ne peut que respecter. Le temps et l’espace en sont le cadre. La gestion du temporel en est la conséquence. Même dès le départ de la révélation juive, Dieu n’a jamais gouverné directement. Toujours par l’intermédiaire des prophètes, rois etc.

Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Si l’on se contentait seulement de la première partie, on aurait pu tomber dans un piège, celui de soumission totale au temporel. Non, Dieu ne gouverne pas par l’intermédiaire des dictateurs autocrates pervers. Ils sont un contre témoignage, qui invalide l’éventuelle prétention à les mettre en lien avec Dieu. Les pharisiens sont humiliés, car ils n’ont pas trouvé le moyen de piéger Jésus, en plus ils ont reçu une sacrée leçon. Double peine, double rage. Le piégeant se fait piéger.

Séparer le temporel du spirituel, c’est reconnaître l’autonomie de deux. Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Pour nous, c’est une bonne nouvelle. Dieu ne se mêle pas de nos affaires pour gérer nos vies. Il nous laisse libre et cela nous rend responsable. Amen