Seigneur, à qui irions-nous?
Le choix de suivre le Christ à cause de la foi en lui est un choix crucial pour notre vie. Pour le choisir, il nous faut crucifier nos désirs bien humains, mais en contradiction avec lui. Faire des bons choix comme celui d’un partenaire de vie en couple ou le célibat, c’est toujours engager la vie toute entière, corps et âme. Dans ce domaine de choix, la foi juive et la foi chrétienne, chacune pour sa part, achoppe sur le rapport au corps. Le corps c’est un amas d’os et de muscles, utile pour travailler, guerroyer et se reproduire. Même si le corps physique est au cœur des considérations spirituelles, il n’a jamais été du goût des aspirations religieuses ou philosophiques. Sauf pour une certaine culture asiatique. Jésus achoppe sur le rapport au corps qu’il veut modifier. Manger sa chair, c’est unifier le corps physique avec le corps spirituel. C’est donner de la priorité à la dimension éternelle céleste, mais en y incluant le corps terrestre. Celui-ci est appelé à servir de lieu où abriter le temple de l’Esprit. Saint Paul tente à sa façon de dire que tout est soumis à l’Esprit de Dieu, y compris la vie du couple dans sa dimension charnelle. C’est ce que saint Jean Paul Il a essayé d’expliquer lors de ses catéchèses sur la théologie du corps. Le corps humain participe pleinement au dessein de salut par l’amour des époux qui cherchent à être tant bien que mal, dans cette dynamique. C’ est donc le temple de l’Esprit dans un corps humain qui lui permet de féconder de sa puissance divine le corps spirituel. Lui, le corps spirituel est appelé à croître à l’intérieur d’un corps bien terrestre. L’un voué à mourir, l’autre à demeurer. Mais le premier n’est pas à négliger bien au contraire, il est le lieu même où Dieu a déposé la graine de la vie éternelle, c’est-à-dire l’âme. Et celle-ci s’éveille à cette vie par la foi du croyant qui accueille une telle promesse. Et le corps humain bien terrestre en est irradié pour se transformer un jour en corps purement céleste.Et à la résurrection des morts, au jugement dernier,à la fin des temps et donc de l’univers, Dieu nous donnera un corps physique, nouveau, capable d’exister dans l’éternité. Comme celui de Jésus ressuscité, glorieux c’est-à-dire transformé par la présence divine. C’est par là que passe notre choix, choisir le Christ c’est engager toute vie corps et âme dans une telle perspective. Cette perspective ne doit pas nous faire négliger notre corps physique. Dans notre monde et notre culture et avec notre conscience et les moyens actuels, pas de risque majeur de négliger notre corps. Le vrai défi est ailleurs. Il l’est dans le fait de ne pas faire le lien entre le corps physique et notre vie spirituelle. Beaucoup de juifs sont choqués par les propos inaudibles de Jésus sur son corps. Ils le quittent alors. Le Yoga chrétien lancé la semaine dernière a pour but une telle réconciliation entre le corps qui est bien plus qu’un amas d’os et de muscles. Il est corps et âme, et le lien entre les deux est garanti par l’esprit, esprit qui vient d’ailleurs. Pour cela aujourd’hui aussi, comme à l’époque de Josué nous sommes interpellés par la première lecture “S’il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd’hui, qui vous voulez servir.” Et le choix concerne toute vie, corps et âme et l’esprit. Et l’avenir céleste est engagé, en tant que prognostic vital qui ainsi est engagé. Venant à la messe nous donnons déjà la réponse.
Amen
