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Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

Homélie du 1er septembre 2024 : Impur, impur !

On se souvient de ce cri qui sortait de la bouche des lépreux, à l’époque de Jésus et pas seulement. C’était pour empêcher les autres de s’en approcher, la contamination était et est toujours très dangereuse. Jésus les guérissait de leur lèpre physique. Mais il désirait aussi, surtout leur guérison spirituelle.

Toutes les religions connaissent cette réalité d’impureté spirituelle. On l’a souvent confondue avec l’impureté physique, lèpre ou autre maladie ou encore handicap.

Les ablutions de toutes sortes pratiquées dans les diverses religions ont pour but de s’en prémunir.

Les jeux paralympiques après ceux de juillet-août, suscitent chez certains un sentiment semblable. La couverture médiatique tend à sensibiliser l’opinion publique, et l’audimat en est un de vérificateurs.

L’idée des jeux paralympiques a germé au lendemain de la seconde guerre mondiale, lorsqu’un médecin anglais qui s’occupait des blessés de guerres a voulu les aider à surmonter leurs difficultés. Depuis, les jeux paralympiques ne cessent de gagner de la place dans le monde sportif et dans la société civile.

Il est difficile de voir des “impuretés physiques” de toutes sortes. Lorsque c’est visible, poser un regard détaché de toute gêne sans jugement, mais au contraire avec de la sympathie est bien difficile. Cela renvoie sur notre image de ce que nous ne voudrions pas être.

Je me suis rendu compte de cela à plusieurs reprises. La dernière fois, il y a quelques semaines à Paris, en voyant une femme avancer en fauteuil roulant. C’est alors que s’était imposé à moi le besoin de lui faire signe de respect et d’encouragement. Un beau sourire de sa part m’a convaincu de la pertinence d’une telle audace, le message était bien reçu. Surtout moi, j’ai réussi à dépasser la gêne.

Pour lutter contre les impuretés, les nôtres, y compris dans les projections que nous faisons sur les autres, les ablutions rituelles ne suffisent pas à elles seules. Il faut connecter la tête qui décide de l’action avec le cœur qui éprouve le besoin d’aller dans la direction des autres, quels qu’ils soient. Un sentiment de vérité solidaire avec les gestes extérieurs remplit à son tour le cœur d’un sentiment de satisfaction momentanée.

Il est important de savoir distinguer entre les traditions humaines de purification pour des raisons d’hygiène et ce qui est nécessaire pour la pureté de l’âme et du cœur, pour la pureté de la tête, du corps et de l’esprit. Le savoir c’est savoir connecter la mémoire du cerveau avec le cœur qui aime la vérité Et qui s’en réjouit en présence des autres, sans distinction aucune. La grandeur de la foi chrétienne est là. Ainsi le croyant rejoint tout cœur qui désire une telle présence. Amen