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Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

Homélie du 16 décembre 2023 Laetare, soyez dans la joie

Troisième dimanche de l’Avent, troisième bougie de la couronne allumée. Après la lueur d’espoir identifiée dans la lumière au loin, la lumière devient plus forte, non seulement elle rassure mais aussi guide. Aujourd’hui cette lumière réjouie, ça y est, on vient de trouver ce que l’on cherchait. Et on en est satisfait: réjouissons nous comme la femme de l’Evangile qui a trouvé une pièce d’argent et invite des voisines pour partager sa joie. Mais le partage de cette joie, ce sera dimanche prochain et surtout la nuit de Noël…

La joie, comme le bonheur, la vérité, la bonté, elle ne se déclare pas. Elle se constate. Et cela dépend de nous. Sommes-nous prêts à l’accueillir et à en rayonner? La joie naît au-dedans de nos vies, de nos corps et nos cœurs et jusque dans l’âme. Mais elle est provoquée par un événement extérieur: la joie de partir en vacances, voir la famille, la joie des cadeaux à donner, à recevoir, la joie d’une promotion, d’un examen réussi…

Toutes ces joies sont prises en compte, elles sont toutes accueillies par la joie de vivre que notre existence désire et produit. Toutes ces joies sont accueillies par et dans la joie spirituelle, joie ultime, plénière, celle qui vient de la communion avec l’amour que Dieu seul peut donner, offrir.

Comment faire pour être dans une telle joie? St Paul donne deux recommandations: prier sans relâche, et rendre grâce en toute circonstance. C’est simple, mais pas très réaliste, pourrait-on dire. Surtout si l’on est habitué à prier seulement quand il y a des difficultés, en espérant que la prière va les résoudre. C’est naturel de faire ainsi. Dieu le sait et il accepte ce genre de comportement, une telle manière de se servir de lui, c’est de la croyance utile et peut être efficace.

Mais Paul demande de prier sans relâche. Il indique ainsi comment d’une attitude intéressée passer à l’attitude ou prime une relation gratuite, libérée de toutes autres obligations que celle d’être présent l’un pour l’autre. C’est tout un apprentissage, exigeant, mais seul “efficace et payant” pour la vie de la foi. Rendre grâce en toute circonstance veut dire exprimer de la reconnaissance. Nous le sommes surtout lorsque nous avons échappé à un danger, lorsque nous avons failli perdre quelque chose d’important ou un être cher.

Comme Lucie Coutaz, co-fondatrice avec l’Abbé Pierre d’Emmaus, et sa secrétaire durant quarante ans, miraculeusement guérie à Lourdes, se sent redevable à Dieu.

Rendre grâce pour des bonnes choses préservées ou reçues est naturel, une bonne éducation suffit pour inculquer un tel réflexe. Prier sans relâche et rendre grâce en toute circonstance sont les deux qualités qui expriment la foi et que l’on apprend dans la vie de tous les jours. Amen