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Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

Homélie du 10 février 2024 – Guérison sous secret

Dans un temps encore ordinaire, nous poursuivons le chemin de Jésus qui se trouve dans sa première phase de sa mission. Il passe en faisant le bien. Mais, il le fait sans avoir encore prouvé son amour total.

Il n’a pas encore livré sa vie pour la multitude. Pour cette raison, il demande la discrétion. Sinon, il risque d’être pris pour quelqu’un qu’il n’est pas.

Il guérit en touchant. C’est un geste audacieux, qui dans le cas d’un lépreux est une violation de la loi. La loi impose la séparation. Le cri, impur, impur, de la première lecture, rappelle le confinement et la quarantaine durant la dernière pandémie.

La lèpre du corps est tout aussi dangereuse que la lèpre de l’âme. Dans la lecture biblique traditionnelle, l’une exprime la réalité de l’autre. Donc les mêmes règles pour les deux. Il faut s’en tenir à l’écart. C’est justement ce que Jésus dénonce. Il n’a pas peur de toucher le corps malade pour aller plus loin. Pour quérir le cœur et l’âme, il faut aussi être touché.

A Parenthèses, lundi dernier j’ai été touché par la rencontre avec un auteur français qui était venu présenter son dernier livre Vivre avec l’invisible. Marie de Hennezel, je la connaissais par son premier livre, celui de la Mort intime.

Dans ces livres suintent de l’expérience professionnelle et interpersonnelle. Elle explore la valeur du toucher physique comme moyen d’accompagnement

Comme Jésus l’a fait, tant de Marie le font. Nous aussi, nous sommes invités à le faire. Invités à braver les règles établies pour la vie en société. Oui, si l’on le fait avec discernement. En tenant compte du désir de la personne de vouloir vivre mieux.

Le mode d’emploi est donné par saint Paul qui “tâche de s’adapter à tout le monde”. Il le fait, car il désire le bonheur des autres (le salut). Certes, avec ses idées à lui. Mais en y discernant la conformité avec le plan de Dieu. D’où l’audace qui lui fait dire: “Imitez-moi, comme moi, j’imite le Christ”.

La foi nous pousse dans la direction de la guérison effective. Tout d’abord la nôtre, puis, ou conjointement, celle des autres. Si la foi reste muette, elle ne sert à rien, elle est comme une cymbale retentissante.

Dans l’évangile, il s’agit surtout de la guérison physique. Mais on peut espérer que cela a aussi entraîné chez le lépreux une guérison spirituelle. Il s’agit bel et bien de deux guérisons. Chacun de nous choisit où il veut mettre l’accent. Si aucune connexion n’est faite entre les deux, il n’y a pas de secret, notre foi est vaine. Amen