La première transplantation du cœur date de 1967. Cette greffe du cœur ouvrira le chemin à une pratique qui deviendra courante à travers le monde. Sans cœur, sans cette pompe, pas de vie physique.
Jérémie nous en parle dans la première lecture. Mais en termes spirituels. Dieu tend à remplacer notre cœur de pierre par un cœur de chair. Une transplantation spirituelle faite par le grand chirurgien, l’Eternel lui-même. Durant toute notre vie, il tente une telle opération. Souvent nous sommes déjà spontanément sensibles et notre cœur ressemble déjà bien plus au cœur de chair qu’au cœur de pierre.
Mais, nous résistons à ce coup de pouce que Dieu donne pour faire de nous des êtres de chair sensibles, comme il le veut, pour nous-même et pour les autres. Alors nous répondons que nous ne pouvons pas être attentifs à tout. C’est vrai, Dieu ne nous demande pas cela. Il nous invite à améliorer notre attention à l’autre, en commençant par les plus proches, donc nous-même.
L’autre soir dans l’ascenseur je retrouve un prêtre vivant comme moi à l’évêché, on se salue cordialement. L’ascenseur monte, je tente de partager quelque chose qui me paraissait important et qui, à mon avis pouvait l’intéresser. Mais, au lieu de m’écouter, il a répété des mots de gentillesse.
J’ai mal choisi le moment, car il était totalement absorbé par ce qu’il venait de vivre. Notre cœur est toujours partiellement pétrifié. Comme le mien, comme le sien. Y faire attention c’est de permettre à notre cœur d’être irrigué par le sang, le sens et l’essence de la vie. Par amour que Dieu nous communique.
Dans l’évangile Jésus semblait avoir terminé la première partie de sa vie. Elle était marquée par tant de bonnes paroles et surtout des gestes pour guérir, pour rendre les cœurs droits et vivants. Là, le temps est venu pour Jésus de témoigner de toutes ces forces divines dans sa propre vie.
Dans son évangile, Jean parle souvent du temps, temps du salut, qui n’était pas encore venu pour Jésus, mais qui maintenant vient. Aujourd’hui nous l’entendons dire: « Que vais-je dire, Père, sauve-moi de cette heure? Mais non, c’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci. »
Il savait que sa mort, grâce à son cœur de chair, le conduira à la résurrection. AMEN
