Je vis et chemine en chrétien avec les évêques et les prêtres à l’évêché de Hong Kong, ce qui me sert de point d’appui pour m’occuper de la CCF de Hong Kong et cheminer avec les membres, et accessoirement coordonner les CCF d’Asie, d’où aussi ma présence aujourd’hui parmi vous à Singapour.
À mon arrivée à l’évêché de Hong Kong y habitait aussi l’aumônier de la communauté catholique allemande. Il m’a marqué entre autre par cette expression qu’il se plaisait à employer bien souvent. To be honest, à vrai dire, c’est en préparant l’homélie que l’expression “À vrai dire” employée par les disciples d’Emmaüs a déclenché en moi ce souvenir.
Nous sommes comme ceux d’Emmaüs en chemin qui mène parfois comme eux de la grande tristesse, voire déception inconsolable, à l’interrogation résumée dans cette expression “À vrai dire”.
Mais pour la plupart du temps nous venons à la foi dans un contexte d’une vie ordinaire, plutôt marquée par un équilibre qui met à l’aise dans la vie en général. Et la foi y vient comme un heureux accomplissement.
Un jour lors de la préparation au baptême une adulte m’a partagé son presque désarroi, au moins un peu de gêne. Elle venait demander le baptême alors qu’elle n’avait jamais eu de pépins dans sa vie, heureuse d’exister en préparant aussi son mariage.
Sa mission c’est rayonner de sa joie de vivre, joie que la foi désormais oriente et donne une résonance bien particulière. “À vrai dire” a commencé chez elle un dimanche soir pendant la messe, et une fois rentrée à la maison elle se disait: mon cœur n’était-il pas brûlant alors que j’ai regardé et écouté.
C’est avec une joie immense que je l’ai baptisée et lui ai donnée la communion, après quoi elle est restée en prière devant le tabernacle presque vide, car le ciboire était en train d’être vidé lors de la procession de communion.
Ne nous étonnons pas d’être esprits sans intelligence, ce n’est pas un reproche, c’est comme un soupir qui accompagne l’explication. N’hésitons pas de non seulement nous renseigner, mais surtout de nous laisser enseigner.
L’Esprit Saint doit disposer de ces stratagèmes qui si souvent nous surprennent. Il suffit d’être attentif d’oreille, ouvert d’esprit, le notre, et Lui, Esprit Saint fera le reste.
Quand la communion est expérimenté dans la communauté, le rayonnement réciproque à intensité variable, ce qui a aussi tout son charme, devient la joie partagée avec ceux du dehors.
“Le Seigneur est vraiment ressuscité”, nous le répétons de génération en génération, nous en sommes témoins. C’est lui qui nous apprend le chemin (le psaume), comme à ceux d’Emmaüs, au point que nous ne pouvons pas nous taire.
Pas pour endoctriner ou je ne sais de quoi faire en obligeant les autres à se soumettre, cela n’a jamais marché, tellement la foi est un don librement donné et librement reçu.
Dans le baptême tout est donné, dans la vie du baptisé tout est à recevoir. Le chemin peut paraître parfois long et compliqué, mais c’est un chemin sûr, car c’est un chemin d’amour, chemin qui mène depuis la source en Dieu jusqu’à l’accomplissement en Lui.
Et entre les deux le chemin d’amour dans nos vies avec notre amour bien humain, mais transformé car enrichi par l’autre.
Nous avons beau de résider ici bas, sur terre, comme nous le rappelle l’épître de Saint Pierre, nous y demeurons en étrangers, car notre patrie est déjà au ciel.
