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Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

2023 avril 16 dimanche de la miséricorde

“C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte de Juifs, Jésus vint…” Et nos portes par quelle crainte sont-elles verrouillées?

La plus communément ressentie est la crainte de se laisser embrigader par une sorte de secte. Et ce d’autant plus que le souvenir de la sortie de l’institution Église est encore frais dans la mémoire familiale.

Puis il y a la crainte d’être déçu, d’ailleurs elle est déjà présente dans la précédente, si on résiste à ne pas être embrigadé c’est parce que que l’on ne veut pas être déçu (de nouveau).

Il y a aussi la crainte d’inutilité qui est déjà présente dans la précédente, si l’on ne veut pas être déçu, c’est parce que l’on soupçonne très fortement avec la quasi certitude que cela ne sert à rien.

Il y a aussi la crainte d’être ridicule, ce qui d’ailleurs est déjà présent dans la précédente, car si l’inutilité est pratiquement certaine, s’y engager c’est s’exposer aux regards moqueurs de l’entourage.

Il y a aussi la crainte de souffrir à cause de la foi et d’ailleurs c’est déjà présent dans la précédente, si l’on a peur des autres c’est parce que cela fait mal et le mal on n’en veut pas.

Il y a là également la crainte de ne pas pouvoir tenir jusqu’au bout et d’ailleurs cette crainte est déjà présente dans la précédente: si l’on effet on craint de ne pas pouvoir tenir jusqu’au bout, c’est parce que l’on ne veut pas se faire mal. Etc…

Ainsi toutes les craintes se superposent les unes sur les autres, comme des tuiles pour couvrir le toit de l’abri que nous nous sommes construit pour résister à de telles menaces. Pour nous protéger. La peur nous y motive et le ciel n’est plus très visible, même si des vasistas sont intégrés dans le toit, mais on ne les ouvre pas, on n’y regarde pas non plus, ce n’est pas là que porte notre espoir.

Ainsi verrouillés, il nous reste d’attendre comme les vers à soie le temps nécessaire avant de percer le cocon est sortir d’un tel abri. Cela s’appelle la mort. D’une mort à l’autre. Même joliment drapée en fils de soie qui entravent la liberté un tel abri n’était qu’une tombe et le linceul que nous y laissons est emprunt de tant et tant de soupirs d’une autre vie. Soupirs à peine perceptibles, pas audibles, étouffés dans la cage de faraday de notre confort précaire.

La paix soit avec vous! Jésus ressuscité n’apporte rien d’autre que cela, que la paix. Une fois celle-ci accueillie, elle fait son travail de détricotage de tous les liens qui rendent esclave.

Son efficacité n’est jamais définitive ni totale. Y travailler est le pain quotidien de tout terrier qui ose poser un regard vers le ciel, la source de la paix, source de lumière qui simisce par la fonte de la lucarne entrouverte ou part la porte entrebâillée. Le cœur ainsi fissuré prend une nouvelle dimension, celle d’une miche de pain que l’on entaille pas seulement pour faire jolie, mais surtout pour faire lever la pâte en faisant échapper le gaz de la pâte ainsi levée et ouverte. La miséricorde de Dieu est juste à la porte pour faire grandir notre amour en nous libérant de la peur. Tant soit peu, mais tout de même. AMEN