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Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

Homelie Vendredi Saint – “Ils ont tiré au sort mon vêtement”

“Ils ont tiré au sort mon vêtement”. On se joue de la mort.

Jésus, une fois dépouillé, fut totalement livré aux mains de ceux qui ont contribué à le faire mourir.

Les malfaiteurs, les méchants, les fous, les obéissants, les craintifs, les opportunistes, les arrivistes, les puristes, les stratèges, les “artisans de paix”!

Les promoteurs de l’ordre social, les agitateurs visant à préserver la tranquillité, les mal réveillés d’une léthargie lénifiante, les aveugles de justice, les estropiés claudicants sur le chemin de progrès (que sont des champs de mines posés par eux-même), les déprimés de tous espoirs, les abrutis de la félicité enivrante, les sourds de la souffrance, les anges noirs qui absorbent la lumière.

Ils se liguent sans le savoir, pour deux raisons contradictoires:

-pourvu que le monde continue comme avant. Après tout, ils savent ce qu’ils risquent de perdre;

-pourvu que le monde change, réduit en ruines. Après tout, ils savent ce qu’ils espèrent gagner.

Comme Jésus dépouillé, il y a tant d’autres qui le sont. Souvent sans le savoir, eux aussi sont devenus des fauteurs de trouble. Fauteurs de troubles de taille. Taille de la stature divine.

Le Christ, ainsi dépouillé, avec un grand cri et dans les larmes, “est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel”.

Adorons-le, même dans son corps mort, inerte. Le corps qui est déjà un lieu d’épousailles avec l’humanité entière.

Pour nous en convaincre, il suffit d’ouvrir les yeux et les cœurs. Le reste suivra. Amen