Les lectures d’aujourd’hui trouvent leur écho dans les Jeux Paralympiques qui se terminent ce dimanche. Comment améliorer les conditions de vie de ceux qui sont marqués dans leur corps et dans leur esprit, par un manque physique ou mental. Ils ont droit à tout ce que les autres ont dans ces deux domaines. Ce n’est pas la foi chrétienne qui va le contredire. Au contraire, elle pousse à reconnaître un tel droit et surtout à agir en faveur de l’amélioration des conditions de vie qu’un handicap quelconque occasionne.
Jésus le fait, tout en allant plus loin. Toutes ses guérisons ont pour objectif toujours la même chose. Restaurer en chacun la capacité à être dans l’union avec Dieu, comme pour tout le monde, mais dans le cas d’handicap, la barque de la vie étant particulièrement alourdie, une sollicitation particulière à leur égard s’impose. Cette union avec Dieu suppose l’accueil de sa sainteté.
Comment accueille-t-on alors cette sainteté qui, tel un flux bienfaisant, nous traverse en entier. La messe en est le lieu par excellence, par le pardon dès le début de la messe, par l’écoute de la Parole de Dieu et la mise en pratique, l’évangile d’aujourd’hui, comme très souvent relate une situation concrète. Puis par la communion. Entendre (manger) et parler (louer), le premier objectif d’utiliser les deux sens est de les mettre au service de ce flux divin qui cherche à nous traverser. Accueillir et communiquer avec d’autres sur le sens de l’accueil.
Les oreilles s’ouvrent pour entendre la parole de Dieu, les langues se délier pour la propager.
En préparant cette homélie, je me suis posé la question de savoir ce que les sourds et les muets, souvent les deux à la fois, une fois guéris nous auraient à dire. Ils auront sans aucun doute tant de choses à nous dire. Grâce aux avancées scientifiques, ceux qui bénéficient des prothèses auditives le peuvent.
Elles raconteraient comment dans cet état de manque, cela a façonné leur caractère, leur personnalité, comment cela a façonné leur vie. Comment souvent cela les accablait au point de désespérer. En les entendant, c’est alors que nos oreilles et nos langues à notre tour se délient et s’ouvrent.
C’est grâce aux autres (handicapés ou pas, même si ceux-ci comprennent bien mieux) que nous apprenons à vivre: les enfants des parents et d’autres enfants ou adultes, et les parents ou d’autres adultes des enfants. Apprendre à vivre ensemble.
Jésus ne désire que cela, d’être relié par des amitiés avec les autres, nos prochains. Ceci est possible parce que nous le sommes déjà avec Jésus. La gratitude du psalmiste est au bout de nos lèvres. Donne, Seigneur, à nos lèvres une résonance que les sourds entendront et les muets comprendront, et parleront. Amen
