Traditionnellement, déjà depuis bien de décennies, fin octobre et début novembre sont synonymes des fêtes, surtout Halloween. Elle prend de plus en plus le pas sur la fête de la Toussaint. Mais c’est logique, déjà la fête de la Toussaint est pour la plupart du temps absorbée par la fête des morts. De fait, cette dernière est célébrée le premier novembre (seul jour férié). Or, dans la tradition catholique, c’est la fête des morts prévue dans le calendrier liturgique le deux novembre, mais qui a toujours primé sur la fête de la Toussaint. Dans l’église on célébrait tous les saints, connus, inconnus, anciens, récents. Mais c’est au cimetière que l’on célébrait tous les morts, pas seulement nos fidèles défunts, mais tous, car Dieu reconnaîtra les siens.
Alors que présentement, pour la plupart, ni l’un ni l’autre. Qui va à la messe de la Toussaint pour célébrer notre futur commun? Qui va à la messe du 2 novembre pour commémorer les fidèles défunts de nos familles et autres disparus dont la mémoire reste vive chez les terriens encore en vie? Surtout si on habite loin d’un cimetière qui rassemble, ce qui est encore plus difficile que de trouver une église. Surtout à Hong Kong. Sauf exception, ce ne sont pas les cimetières d’ici qui recueillent les dépouilles de nos proches. A Hong Kong, le premier novembre n’est pas férié, pas plus que le deux. Mais le calendrier local prévoit un autre jour férié pour rendre hommage aux ancêtres. C’est au printemps, le 5 avril, 15 jours après l’équinoxe de mars.
Désormais, à Hong Kong, comme en France ou ailleurs, en marge ou à la place de l’un et de l’autre, on célèbre Halloween. Où? Dans la rue, c’est une sorte de carnaval qui ne se prend pas au sérieux, tout en traitant des questions qui le sont. Comment affronter la mort, et après? L’expérience de la finitude conduit à en douter de l’infinitude; le temps impose son empreinte et son rythme à la pensée sur l’éternité; l’imaginaire céleste nourri quasiment exclusivement des expériences terrestres et fane très facilement face aux données de la foi chrétienne; le spirituel est étouffé sous le poids encombrant du matériel.
La seule parade que l’on a trouvé c’est de ne pas prendre trop au sérieux la mort et ces avatars que sont la souffrance, la violence et toutes sortes de phobies, y compris celles qui portent sur la vie après la mort. En effet la vie est trop sérieuse pour la prendre trop au sérieux! La mort aussi? Le seul divertissement qui vaille serait-il celui face à la mort. Sans doute, mais encore!

