Tout a commencé le soir de la visioconférence ce 26 septembre dernier. A la fin reste Patricia, coordinatrice des CCF depuis Paris. “Pourrais-tu dire l’homélie le vendredi lors des journées à Varsovie (9-12 octobre)?”
Je regarde l’Evangile du jour Luc 11,15-26 sur les esprits mauvais qui prennent possession des pauvres âmes des croyants ou pas. Méfiez-vous, dit Jésus, une fois chassé, il se peut qu’il revienne avec 7 autres. Ce passage est dans ma mémoire spirituelle, il fait partie de mon bagage théologique.
Le dimanche, je suis invité dans une famille juste pour passer du temps avec les adultes et les enfants. Dans le salon, j’aperçois des livres sur les étagères. “Vous pouvez vous en servir”, j’entends comme une invitation. Ma première réaction est que je ne suis pas vraiment venu pour cela et puis des livres à lire j’en ai plein chez moi.
Cependant, par politesse en regardant de près, mon attention se porte sur un livre traitant sur les exorcismes, au titre très accrocheur; Moi, l’exorciste du Vatican. Ma première réaction est un peu sarcastique: c’est intéressant, au Vatican ils ont aussi besoin de tels services. Je le prends chez moi dans l’espoir de trouver de quoi nourrir mon homélie à Varsovie. Je n’y connais rien, après tout c’est une bonne occasion pour y voir de plus près.
Ce que j’ai compris à la lumière de la lecture de ce livre, est que l’histoire des exorcismes, dont la pratique est dûment attestée dans les évangiles, a été bien tourmentée car mêlée à la sensibilité populaire, dont la distinction entre les véritables possessions (rarissimes dans le sens premier du temps) et les phénomènes d’ordre psychosomatique, était souvent sujet à caution. Je pense faire un podcast sur ce sujet.
Si je propose ce thème dans cet édito d’octobre c’est pour une raison circonstancielle. Les derniers jours d’octobre, à la veille de la Toussaint, depuis déjà des décennies est réanimée la tradition celte de la fête d’Halloween. Une invitation à célébrer la présence des esprits de morts. C’est une manière assez élégante d’exorciser la peur de l’autre monde et du passage par la mort vers ce monde inconnu. Rien d’étonnant en termes de régulation sociale qui dans la civilisation occidentale, dont nous sommes pour la plupart issus, n’a guère été majoritairement entre les mains de la religion chrétienne.
Le problème peut surgir d’une ambiguïté selon laquelle on va surfer sur les connivences avec les fantômes et leurs commanditaires. Il ne suffit pas de se réclamer d’un athéisme plus ou moins farouche (via l’Education Nationale ou d’autres canaux) pour avoir le droit de manipuler le subconscient collectif dont on ne sait pas jusqu’où cela peut conduire.
Cette ambiguïté est parfois franchement transformée en profession de foi satanique, surtout lorsqu’elle est affiliée aux groupes spiritistes nés au XIX siècle à Londres qui usent des pouvoirs conférés par le Prince des ténèbres. Avec la croix à l’envers comme symbole d’un pacte de dépendance en échange d’un pouvoir épatant. Cela peut concerner certaines musiques de hard rock, surtout si les paroles sont ostensiblement anti chrétiens.
Pour finir, il ne faut pas mettre tout dans le même sac, tout demande discernement. Par exemple parmi les voyants il y en a qui sont inspirés par Dieu et d’autres qui le sont par les ténèbres. Mais inversement il n’est pas très sérieux de vouloir balayer d’un revers de main toute doctrine chrétienne sur les Princes des ténèbres, sur ces combats avec le Prince de Lumière.
Si vous avez du temps et l’envie, n’hésitez pas à me contacter pour entendre vos réactions et moi, à votre contact, pour continuer à m’instruire.
Rémy Kurowski, aumônier de la CCFHK

